Traduction de l'article paru le 26 juin 2008 dans le INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE.

Des sénateurs Américains prient instamment les Etats Unis de faire pression sur la Thaïlande pour ne pas déporter les réfugiés Hmong




The Associated Press
Jeudi 26 juin 2008
WASHINGTON : Sept sénateurs pressent la Sécrétaire d’Etat Condoleezza RICE de se pencher sur le sort de plus 800 Hmong récemment rapatriés de force, susceptibles d’être persécutés au Laos.


Les sénateurs se disent mécontents et préoccupés par le fait que la Thaïlande ait rapatrié les Hmongs dimanche 22 juin 2008, sans aucune transparence, sans qu’aucune partie indépendante ne puisse être impliquée et surveiller le processus.


Russ FEINGOLD - WISCONSIN Senator


Dans une lettre envoyée cette semaine à RICE, ils lui demandent instamment de faire pression sur la Thaïlande pour qu’elle respecte les normes des Nations Unies en matière de respect élémentaire des droits de l’homme.

« Les circonstances entourant ce rapatriement ne sont pas claires », ont écrit les sénateurs.



Herb KOHL - WISCONSIN Senator

« Nous vous pressons fermement de faire tous les efforts possibles pour obtenir tous les éclaircissements nécessaires sur la manière dont s’est réellement déroulé le processus de rapatriement ».

Quatre des signataires de cette lettre sont des sénateurs du WISCONSIN et du MINESOTA, états du nord (des USA) où un grand nombre de réfugiés Hmong se sont intallés.


Norm COLEMAN - MINNESOTA Senator

Les résidants Hmong craignent que certains des Hmong rapatriés de force au Laos soient victimes de persécutions au Laos communiste, d’où ils sont originaires.

Les Hmong, une minorité ethnique peuplant les rudes montagnes du nord Laos ont combattu au côté des forces US pendant la guerre du Vietnam.
Beaucoup se sont installés aux Etats Unis après la guerre, en priorité au Minnesota, Wisconsin et Californie.


Amy KLOBUCHAR - MINNESOTA Senator


La lettre a été signée
par Russ Feingold et Herb Kohl du Wisconsin, Norm Coleman et Amy Klobuchar du Minnesota, Barbara Boxer de Californie, Sheldon Whitehouse de Rhode Island et Patrick Leahy du Vermont. Coleman est Républicain, les autres sont Démocrates.

« Je suis préoccupé par les récentes mesures prises par le gouvernement de Thaïlande, qui ont entraîné le rapatriement de plus de 800 Hmong au Laos, et je suis inquiet qu’ils soient persécutés » a dit Coleman. « Ce rapatriement de masse a eu lieu sans aucune transparence, ce qui me pousse à m’interroger si ce groupe de Hmong a vraiment été rapatrié de leur plein gré ».

Barbara BOXER - CALIFORNIA Senator


Des groupes de défense des droits de l’homme ont déclaré jeudi 26 juin 2008 que le rapatriement peut avoir inclus ceux qui ont été rapatriés de force, contre leur gré, en violation du Droit Humanitaire International. Tous les 837 Hmong étaient soupçonnés d’avoir fui leur patrie au cours de ces dernière années.

Le gouvernement Thaï dit que les 837 Hmong font partie des milliers de ceux qui ont manifesté depuis le mois dernier dans leur camp dans la province de Phetchabun en Thaïlande.



Ils protestaient contre leur détention dans ce camp (au nord du village de Huay Nam Khao) , où près de 8000 Hmong originaires du Laos sont détenus, et contre un accord de rapatriement passé entre Bangkok et le Laos.


Sheldon WHITEHOUSE - RHODE ISLAND Senator


Le porte parole du ministère des affaires étrangères Thaï, Tharit Charungvat, a déclaré que 800 personnes étaient retournées volontairement au Laos.


Mais le groupe de secours humanitaire Médecins Sans Frontières a dit qu’il pensait que la majorité des 800 réfugiés ont été obligés de partir.



Comme les sénateurs US, MSF a critiqué le manque de transparence et d’accès de parties indépendantes pour surveiller le processus.


Patricl LEAHY - VERMONT Senator


Amnesty International a déclaré dans un communiqué officiel : " Aucun observateur indépendant n’était présent, et il est donc probable que certains ont été forcés et contraints à retourner au Laos".

..."Certains y courent le risque d’être torturés"...


Au Département d’Etat Américain, le porte parole Tom Casey a dit:

« La communauté internationale, incluant les Etats Unis, se préoccupe depuis longtemps de la détention des Hmong en Thaïlande.



Nous sommes en train de travailler pour envisager les solutions appropriées... »